Le réseau des lignes électriques en Afrique se structure de plus en plus autour de grands corridors de transport transnationaux pour pallier le déficit historique de production. Malgré des taux d’accès inégaux—variant de \(100\%\) en Afrique du Nord à moins de \(20\%\) dans certaines zones rurales subsahariennes—le continent connaît une multiplication de projets majeurs d’interconnexion pour créer un marché régional intégré.
L’Angola et la RDC veulent construire la plus longue ligne électrique d’Afrique
L’Angola et la République démocratique du Congo multiplient les partenariats énergétiques. Les deux pays entendent faire de leurs immenses ressources naturelles, notamment énergétiques, un levier commun de développement économique et d’intégration régionale.
L’Angola et la RDC se sont accordés pour construire la plus grande ligne électrique d’Afrique sur 1450 kilomètres. Mandaté par le président Félix Tshisekedi, le ministre congolais des Ressources hydrauliques et énergétiques, Aimé Sakombi Molendo, a été reçu jeudi 14 mai à Luanda par son homologue angolais João Lourenço. Le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba, faisait partie de la délégation.
À l’issue de cette audience, Sakombi Molendo a annoncé la construction de deux lignes de transport. La première reliera la province angolaise de Malanje à Fungurume, une zone minière stratégique du Sud-est congolais. La seconde connectera Soyo, dans la province angolaise de Zaïre, au site hydroélectrique d’Inga en RDC, afin d’acheminer 2000 mégawatts (MW), a rapporté Agência Angola Press (ANGOP).
Après la présentation du rapport au président Tshisekedi, les études techniques seront accélérées. Les deux pays tablent sur un délai de 18 mois pour achever la ligne Soyo-Inga et lancer la liaison Malanje-Fungurume, précise la même source.
« Nous devons ériger nos ressources hydrauliques en socle du développement durable pour nos deux peuples, établir des ponts entre nos deux pays, et non des barrières », a déclaré le ministre Sakombi Molendo, cité vendredi 15 mai par Mediacongo, à l’issue de l’audience. Le coût du projet est évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, sans qu’un chiffre définitif ait été communiqué à ce stade.
Un déficit électrique structurel qui étouffe la RDC
La RDC est capable de produire jusqu’à 100 000 mégawatts (MW) d’électricité, dont 40 000 MW sur le seul site d’Inga, relaye Finances & Entreprises dans une analyse publiée en juillet 2025. Pourtant, la SNEL ne fournit actuellement que 2100 MW, sur une capacité installée de 2800 MW. Le déficit des seuls opérateurs miniers dépasse 1500 MW, selon des données du ministère congolais des Mines.
Ainsi, certains industriels sont contraints d’importer de l’électricité depuis le Congo, la Zambie ou la Tanzanie pour maintenir leurs activités, note la même source. L’enjeu reste aussi considérable pour Luanda. L’Angola dispose en effet d’un surplus exportable estimé à 4000 MW, d’après les données officielles, qui lui permettraient de tirer jusqu’à 750 millions de dollars par an de ses exportations d’électricité.
Luanda et Kinshasa sont les deux puissantes capitales voisines de l’Afrique centrale et australe. Séparées par environ 560 km et souvent reliées par des vols directs (environ 1 h 40 de trajet) ou par voie terrestre (bus), ce sont deux métropoles majeures au rayonnement très distinct.
Luanda (Angola)
- Statut : Capitale de l’Angola et plus grande ville lusophone au monde (hors Brésil).
- Langue officielle : Le portugais.
- Particularités : Autrefois surnommée le « Petit Paris de l’Afrique », cette cité portuaire dynamique a connu une croissance fulgurante grâce aux revenus pétroliers, ce qui en fait l’un des centres urbains les plus chers du continent pour les expatriés.
Kinshasa (RDC)
- Statut : Capitale de la République Démocratique du Congo (RDC).
- Langue officielle : Le français (c’est la plus grande agglomération francophone du monde devant Paris). Les langues nationales incluent le lingala, le kikongo, le swahili et le tshiluba.
- Particularités : Traversée par le majestueux fleuve Congo, Kinshasa est une capitale vibrante, célèbre pour sa culture, sa musique mondialement reconnue (la rumba) et son effervescence permanente.
RSA et Ecofin Par Abdel-Latif Boureima – Édité par Wilfried ASSOGBA



















































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