Quelques mois après la reprise du contrôle d’Eneo par l’État, le Cameroun s’oriente désormais vers la renationalisation de la centrale thermique à gaz de Kribi, principale infrastructure gazière du pays avec une capacité de 216 MW. Le gouvernement considère cette opération comme une étape clé pour restaurer l’équilibre financier et opérationnel d’un secteur électrique fragilisé par les dettes, les impayés et les tensions de trésorerie.
Mise en service en 2013 et alimentée par le gaz offshore de Sanaga Sud, la centrale de Kribi représente un pilier stratégique du réseau interconnecté Sud et contribue significativement à l’alimentation électrique nationale. Toutefois, les difficultés financières d’Eneo ont entraîné des interruptions prolongées de production, fragilisant les actifs de Globeleq au Cameroun et poussant le groupe britannique à envisager leur cession. Face à cette situation, Yaoundé a décidé d’activer son droit de préemption afin de reprendre directement le contrôle de cette infrastructure critique.
Cette initiative s’inscrit dans une recomposition plus large du secteur énergétique camerounais, marquée par une montée en puissance de l’État dans les infrastructures stratégiques. En sécurisant le contrôle de la centrale de Kribi, qui représente environ 20 % de l’électricité injectée dans le réseau national, les autorités cherchent à renforcer la stabilité du système électrique dans un contexte où l’hydroélectricité reste fortement exposée aux aléas climatiques et saisonniers.
La centrale à gaz de Kribi est une infrastructure énergétique majeure de 216 MW située à Mpolongwe, près de Kribi au Cameroun. Opérée par KPDC (filiale de Globeleq et de l’État), elle utilise le gaz naturel de Sanaga Sud pour alimenter le Réseau Interconnecté Sud. Après un arrêt pour impayés, elle a repris du service en février 2025.
C’est une initiative PPP (Partenariat Public-Privé,) c’est un contrat à long terme entre une autorité publique et une entreprise privée pour financer, construire, ou gérer une infrastructure (hôpitaux, autoroutes) ou un service public. Le privé apporte son financement et son expertise, tandis que le public reste propriétaire et définit les objectifs.
En 2009, le gouvernement du Cameroun a confié à la Kribi Power Development Corporation (KPDC) la conception, la construction, le financement et l’exploitation de la centrale électrique au gaz naturel de Kribi de 216 MW. Ce projet a été réalisé sous la forme d’un contrat de partenariat public-privé d’une durée de 20 ans.
La construction du projet d’énergie de Kribi a débuté en 2010 et en mars 2013 la centrale fournissait sa première production d’électricité.
L’électricité produite est livrée à Southern Interconnected Grid (SIG) qui la vendra à la société Enéo (anciennement AES-SONEL) qui a le monopole de la production, du transport et de la distribution de l’électricité produite sur la base d’un contrat d’achat d’énergie de 20 ans.
La centrale de Kribi est en 2013 la première centrale du pays et dans la sous-région à fonctionner au gaz naturel. Elle est aussi le premier producteur indépendant d’électricité du pays devant la centrale électrique de Dibamba.
Par Regard Sur l’Afrique et LE BRIEF






















































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