Netanyahou rencontrera Trump à Washington pour discuter de l’Iran et du nucléaire saoudien. Israël veut empêcher tout accord avec Téhéran qui laisserait intactes ses capacités nucléaires et balistiques. La rencontre intervient dans un contexte de fortes pressions politiques pour les deux dirigeants, à l’approche d’importantes échéances électorales.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, entame ce 27 juillet une visite de trois jours aux États-Unis, où il rencontrera Donald Trump le 28 à la Maison-Blanche. Officiellement venu assister à une cérémonie en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, il profitera surtout de ce déplacement pour évoquer les principaux dossiers stratégiques qui redessinent le Moyen-Orient : la guerre avec l’Iran, le détroit d’Ormuz, le programme nucléaire saoudien et l’évolution de la relation entre Washington et Jérusalem.
La rencontre a lieu alors que Donald Trump semble privilégier, au moins provisoirement, la voie diplomatique avec Téhéran. Des discussions menées par Oman visent à réduire les tensions autour du détroit d’Ormuz, tandis que les frappes américaines ont marqué une pause. Le président américain affirme toutefois que toutes les options militaires restent sur la table. Benjamin Netanyahou devrait plaider pour le maintien d’une pression maximale contre la République islamique et s’opposer à tout accord qui ne traiterait pas simultanément les programmes nucléaire et balistique iraniens.
Une rencontre lourde de conséquences
Le dirigeant israélien abordera également l’accord de coopération nucléaire civile signé entre Washington et Riyad. Initialement perçu comme indépendant d’une normalisation israélo-saoudienne, ce texte a finalement été conditionné par Donald Trump à une adhésion du royaume aux accords d’Abraham, une exigence immédiatement saluée par Israël. Tel Aviv entend ainsi préserver son influence sur un dossier considéré comme essentiel pour l’équilibre régional.
Cette visite revêt aussi une forte dimension politique. Malgré plusieurs désaccords récents sur la stratégie à adopter face à l’Iran et au Liban, Netanyahou cherche à afficher une relation solide avec Donald Trump à quelques mois des élections législatives israéliennes. De son côté, le président américain doit composer avec une opinion publique de plus en plus divisée sur le soutien à Israël, ainsi que sur les conséquences économiques d’un conflit prolongé. Cette septième rencontre entre les deux dirigeants depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche pourrait ainsi peser autant sur l’avenir de la crise régionale que sur leurs positions politiques internes.
La CIA et le Mossad mèneraient une opération secrète pour localiser Mojtaba Khamenei, selon The Times
La CIA et le Mossad mèneraient une opération secrète pour déterminer si le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei est toujours en vie, évaluer son état de santé et localiser son refuge. Faute de traces numériques exploitables, les services américain et israélien miseraient sur leurs réseaux humains présents dans plusieurs régions.
L’absence prolongée de Mojtaba Khamenei aurait conduit les services américains et israéliens à intensifier leurs recherches en Iran. Selon The Times, dans un article publié le 28 juillet, la CIA et le Mossad mèneraient depuis une période non précisée une opération visant à localiser le dirigeant iranien, sans y être parvenus jusqu’ici.
Mojtaba Khamenei a succédé à son père à la tête de la République islamique après la mort de ce dernier, le 28 février. Plusieurs informations ont également fait état de blessures subies par le nouveau dirigeant iranien. Les deux services chercheraient ainsi à établir s’il est toujours en vie, à connaître son état de santé et à déterminer où il se trouve.
D’après le quotidien britannique, l’opération n’aurait pas pour objectif déclaré de l’éliminer. Elle viserait avant tout à obtenir des informations que les moyens de renseignement américains et israéliens n’ont pas pu établir avec certitude jusqu’à présent.
Les services occidentaux privés de traces numériques
Les recherches seraient compliquées par l’absence de communications électroniques identifiables. Depuis la mort de son père, Mojtaba Khamenei n’aurait utilisé ni téléphone ni ordinateur, ce qui réduirait fortement l’efficacité des moyens de surveillance à distance déployés par les deux services.
Faute de données numériques exploitables, la CIA et le Mossad seraient contraints de s’appuyer sur leurs agents présents sur le terrain. Ils chercheraient notamment à identifier les messagers et les personnes de confiance chargés de maintenir un contact avec le guide suprême iranien.
Interrogé par The Times le 28 juillet, Rami Igra, ancien responsable d’un département du Mossad, a déclaré que « le seul véritable moyen de retrouver Mojtaba consiste à recruter une personne directement en contact avec lui ». Une tâche qu’il juge « extraordinairement difficile ».
Selon lui, seules deux ou trois personnes au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique connaîtraient l’endroit où se trouve le dirigeant iranien. Ce cercle très restreint illustrerait l’efficacité des mesures de protection mises en place autour du nouveau guide suprême et compliquerait toute tentative de recrutement dans son entourage.
Le quotidien britannique rappelle également que la CIA avait suivi un messager pour remonter jusqu’à Oussama ben Laden. Les services américains et israéliens chercheraient aujourd’hui à appliquer une méthode comparable en Iran, sans disposer pour l’instant d’éléments permettant de confirmer qu’elle a porté ses fruits.
Moscou parmi les premiers interlocuteurs possibles
Une source iranienne citée le 18 juillet indiquait que Mojtaba Khamenei ne participerait à aucun événement public tant que le conflit avec Israël et les États-Unis se poursuivrait. Selon plusieurs observateurs, son premier contact international pourrait prendre la forme d’un échange téléphonique ou d’une rencontre avec Vladimir Poutine.
Une telle prise de contact placerait Moscou parmi les premiers interlocuteurs étrangers du nouveau guide suprême iranien et confirmerait la place centrale de la Russie dans les échanges diplomatiques de Téhéran. À ce stade, l’existence de cette opération repose principalement sur les informations publiées par The Times le 28 juillet. Ni les autorités iraniennes, ni la CIA, ni le Mossad n’ont confirmé publiquement ces affirmations.
Par RSA avec RT





















































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