En l’espace de quelques heures, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a perdu ses deux plus hauts responsables. Maurice Kamto, président national du parti depuis sa création en 2012, et son premier vice-président, Mamadou Yakouba, ont tous deux annoncé leur démission dans des lettres adressées à la direction du MRC et publiées sur leurs pages Facebook respectives.
Au Cameroun, l’opposant Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC, Mamadou Mota quitte la vice-présidence.
L’opposant camerounais Maurice Kamto, ancien candidat à la présidentielle de 2018, écarté de celle de 2025, quitte la présidence de son parti, le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) ce 8 septembre. À ses côtés, Mamadou Mota démissionne également de ses fonctions de vice-président du parti, dénonçant « un acharnement constant de la part du régime ». Cette décision est inattendue.
Une clarification est attendue de la part de Maurice Kamto. Pour le moment, seule sa lettre de démission apparaît sur sa page Facebook. Quelques lignes datées de ce jour, mardi 8 septembre, et adressées au directoire du MRC.
« Dans l’intérêt supérieur de notre parti, de ses nombreux militants et sympathisants et du Peuple du Changement en général », peut-on y lire, « j’ai décidé de démissionner des fonctions de président » du MRC « à compter de ce jour ».
Mamadou Mota dénonce l’acharnement de l’administration camerounaise
Joint par téléphone, Mamadou Mota, quant à lui démissionnaire du poste de premier vice-président du MRC, dénonce « le harcèlement constant de l’administration camerounaise ». « En me retirant de mes fonctions, je prive le régime d’un sujet de focalisation pour permettre au parti de poursuivre ses objectifs », explique Mamadou Mota.
Pour lui, les autorités, à travers la figure du ministre de l’Administration territoriale, s’acharnent de façon obsessionnelle sur sa personne et celle de Maurice Kamto, et mieux vaut se mettre de côté pour ne pas entraver les activités du parti, avec en ligne de mire les prochaines échéances électorales : les législatives et les municipales de début 2027.
L’atmosphère devient invivable et il y a cette fixation sur le président Kamto, cette fixation sur ma personne. Moi, je ne voulais pas servir d’instrument au ministre de l’Administration pour opposer toutes les fois une procédure folle à l’endroit d’un parti politique qui ne cherche qu’à exercer son devoir. C’est donc pour cette raison que je décide de me mettre de côté et de permettre au parti de continuer ses activités normalement.
Mamadou Mota, vice-président démissionnaire du MRC
Mamadou Mota rappelle que fin août, dans une correspondance en réponse à l’ex-militant Okala Ebode, le ministre Paul Atanga Nji a écrit « ne pas juger opportun de prendre acte de la convention » de décembre dernier consacrant la réélection de Maurice Kamto à la tête du MRC, laissant planer la menace d’une invalidation.
De l’avis des observateurs, Maurice Kamto et Mamadou Mota ont créé la surprise en annonçant leurs démissions. Ils ne quittent pas le MRC et en attendant une nouvelle convention extraordinaire, c’est Tiriane Noah, autre vice-présidente, qui prend la tête du parti.
Un parti face à l’inconnu
Ces deux départs simultanés plongent le principal parti d’opposition camerounais dans une zone de turbulence inédite. Aucune indication n’a pour l’heure été donnée sur l’identité des successeurs, ni sur le calendrier de la transition. Le Directoire national est désormais attendu pour constater officiellement la vacance à la tête du parti et enclencher la procédure statutaire de succession.
Reste à savoir si cette double démission apaisera les tensions internes qui minent le MRC depuis des mois, ou si elle ouvre au contraire une nouvelle phase d’incertitude pour la principale formation d’opposition au régime de Paul Biya, à un peu plus d’un an des échéances électorales de 2027.
Par RSA






















































Discussion à propos du post