L’ancien chef d’état-major de la Défense espagnole a publiquement désigné le Maroc comme la principale menace pour son pays. Le militaire a profité d’un entretien récent pour livrer une analyse stratégique sans filtre.
L’officier s’inquiète particulièrement des relations grandissantes entre Rabat et Washington. « Le rapprochement entre les États-Unis et le Maroc est évident », souligne-t-il, précisant que cette dynamique ne le rassure pas. Bien qu’un transfert du bouclier antimissile de Rota vers le territoire marocain lui semble inenvisageable, un déplacement vers un autre pays du flanc sud causerait de sérieux tracas stratégiques à Madrid.
Les propos du général Fernando Alejandre
- L’ennemi désigné : Dans un entretien accordé au quotidien ABC fin mars 2026, interrogé pour savoir si le Maroc était l’ennemi principal dont l’Espagne doit se méfier, il a répondu : « Ça ne fait aucun doute ».
- La nature du risque : S’il a nuancé en indiquant que Rabat ne représentait pas une attaque militaire imminente, il pointe du doigt un risque permanent de guerre hybride et d’assauts ciblés sur les frontières des enclaves de Ceuta et Melilla.
Un contexte sous haute tension
- Crises aux frontières : Ces déclarations résonnent avec les récentes crises migratoires, notamment l’afflux massif de migrants à Ceuta qui a ravivé les soupçons de l’opinion publique et de la classe politique espagnole envers le rôle permissif ou orchestré des autorités marocaines.
- Préoccupations stratégiques : Les hautes sphères militaires espagnoles maintiennent une vigilance accrue face aux ambitions régionales du Maroc et aux déséquilibres géopolitiques en Méditerranée
Sebta et Melilia exclues de l’article 5
L’ancien responsable met également en avant la vulnérabilité des enclaves espagnoles. Selon lui, en cas d’agression contre Sebta et Melilla, obtenir le soutien des alliés via l’article 5 de l’OTAN serait « compliqué ». Il regrette amèrement que son pays ait manqué les occasions d’intégrer ces territoires dans le traité de Washington, arguant que des motifs légitimes le justifiaient pleinement.
L’ancien responsable militaire a également soulevé des doutes quant à la capacité de l’OTAN à garantir une protection totale de l’Espagne en cas de crise affectant ces territoires.Il a notamment rappelé que Sebta et Melilia ne sont pas explicitement intégrées dans le périmètre d’application de la défense collective de l’Alliance, ce qui pourrait compliquer un éventuel recours à l’article 5.
Une situation qui, selon lui, fragilise la position stratégique de Madrid dans certains scénarios de crise. Le militaire fustige la politique gouvernementale et son slogan « non à la guerre », tout en déplorant l’absence de véritable culture de défense en Espagne. Il réclame une reconnaissance concrète et une revalorisation salariale pour les soldats, soulignant qu’ils peuvent difficilement accomplir leur mission en percevant une rémunération à peine supérieure au revenu minimum vital.
Le général d’armée à la retraite prédit un conflit qui finira par se matérialiser « en guerre conventionnelle »…
« Nous sommes confrontés à une menace réelle et claire venant du Maroc », s’alarme l’ex-chef d’état-major espagnol Fernando Alejandre, relançant le débat sur les équilibres régionaux et alimentant l’inquiétude espagnole face au rapprochement Rabat-Washington.
Les déclarations de Fernando Alejandre Martínez, ancien chef d’état-major de la défense en Espagne, ravivent le débat sur les équilibres stratégiques en Méditerranée occidentale.
Une lecture sécuritaire du « flanc sud »
Selon Fernando Alejandre Martínez, le « flanc sud » constitue aujourd’hui une priorité pour les forces armées espagnoles, avec un focus particulier sur l’Afrique du Nord.
Dans cette analyse, il évoque explicitement plusieurs zones sensibles, notamment les présides occupés Sebta, Melilaa ainsi que les îles Canaries, qu’il considère comme des points stratégiques nécessitant une vigilance constante.
Ces propos s’inscrivent dans un contexte marqué par des sensibilités historiques et territoriales, régulièrement évoquées dans le débat public espagnol.
Au-delà des questions régionales, l’ancien chef militaire a également critiqué la gestion de certains dossiers internationaux par le gouvernement espagnol, notamment en lien avec les tensions au Moyen-Orient.
Il a jugé que certaines positions politiques manquaient de cohérence avec les engagements internationaux de l’Espagne, appelant à une ligne plus claire en matière de défense et de diplomatie.
Regard Sur l’Afrique Par Tinno BANG MBANG





















































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