Les militaires qui ont pris le pouvoir au Mali et poussé à la démission le président Ibrahim Boubacar Keïta ont affirmé dans la nuit du 18 au 19 août vouloir mettre en place une «transition politique civile» devant conduire à des élections générales dans un «délai raisonnable».
«Nous, forces patriotiques regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire», a déclaré sur la télévision publique ORTM le porte-parole des militaires, le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air.
Les militaires qui ont pris le pouvoir ont annoncé dans la nuit du 18 au 19 août la création d’un Comité national pour le salut du peuple. Ils ont également appelé à une transition politique civile conduisant à des élections. Enfin, les militaires ont affirmé que tous les accords internationaux seraient respectés.
L’Union européenne a appelé le 19 août à la libération «immédiate» des prisonniers et au «retour de l’Etat de droit» au Mali, au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita, à l’issue d’un sommet extraordinaire des 27. «La stabilité de la région et du Mali, la lutte contre le terrorisme doivent demeurer des priorités absolues», a ajouté Charles Michel, soulignant «l’extrême préoccupation» des 27 après les évolutions des dernières heures.
Le président en exercice de l’Union africaine (UA), le sud-africain Cyril Ramaphosa, a condamné le 19 août le «changement inconstitutionnel» au Mali et exigé la «libération immédiate» du président Ibrahim Boubacar Keïta arrêté la veille par l’armée. Il a également appelé l’armée à «rentrer dans les casernes».
Alger a condamné ce 19 août le coup d’Etat au Mali voisin, appelant à des élections et au «respect de l’ordre constitutionnel», selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères publié au lendemain du renversement du président malien Ibrahim Boubacar Keïta.
«L’Algérie réitère son ferme rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement», a déclaré la diplomatie algérienne dans le communiqué transmis à l’AFP. Alger suit avec «préoccupation» la situation dans ce pays avec lequel elle partage près de 1 400 kilomètres de frontière et qui est déjà en proie à des violences djihadistes.
L’Algérie «appelle toutes les parties au respect de l’ordre constitutionnel et au retour à la raison pour une sortie de crise rapide», selon le communiqué.
Mike Pompeo a «fermement condamné» le 19 août la prise du pouvoir par l’armée au Mali et a réclamé que «la liberté et la sécurité des responsables gouvernementaux» soient assurées.
«Les Etats-Unis condamnent fermement la mutinerie du 18 août au Mali comme nous condamnerions toute prise du pouvoir par la force», a déclaré le chef de la diplomatie américaine dans un communiqué, sans parler de coup d’Etat. Il a appelé à «œuvrer au rétablissement d’un gouvernement constitutionnel».
Angela Merkel a assuré que le coup d’Etat au Mali n’avait «pour le moment» pas d’impact sur le déploiement des Casques bleus de la Mission de l’Onu dans le pays (Minusma). «Les soldats sont dans leurs casernes et la Minusma est très loin de Bamako», a-t-elle expliqué tout en précisant : «Nous examinons la situation avec grande attention.» Quelque 900 soldats de la Bundeswehr, l’armée allemande, sont actuellement stationnés au Mali.
L’UA «suspend le Mali de l’Union africaine jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel et demande la libération du président Boubacar Keita, du Premier ministre et des autres responsables du gouvernement arrêtés par la force par l’armée», a fait savoir le Conseil paix et sécurité de l’UA sur Twitter.
La junte qui a pris le pouvoir à Bamako a appelé les Maliens à «vaquer librement à leurs occupations» et à «reprendre sainement leurs activités», réclamant également l’arrêt du vandalisme, au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta et son gouvernement.
RSA




















































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