Le magistrat chevronné, qui a dirigé la Cour suprême du Cameroun pendant plus de deux décennies, est décédé à l’âge de 84 ans. La communauté judiciaire camerounaise est en deuil suite au décès d’Alexis Dipanda Mouelle, ancien président de la Cour suprême et figure emblématique du système judiciaire du pays. Il s’est éteint à l’âge de 84 ans, des suites d’une maladie qui durait depuis plusieurs mois, selon de nombreuses sources.
Né le 25 mars 1942 dans la région du Littoral, Alexis Dipanda Mouelle a mené une longue et brillante carrière au sein de la magistrature camerounaise. Après avoir achevé sa formation juridique à Paris, il est entré dans la magistrature au milieu des années 1960 et a gravi les échelons avec constance.
Il a ensuite présidé la Cour suprême de 1990 à 2014, ce qui fait de lui l’un des magistrats ayant exercé le plus longtemps au Cameroun. Son mandat a traversé des moments clés de l’histoire politique et juridique du pays, le plaçant au cœur de plusieurs événements nationaux majeurs.
Dipanda Mouelle est également resté dans les mémoires pour son rôle crucial lors de l’élection présidentielle contestée de 1992. Selon les rapports, les scores étaient à égalité entre Paul Biya et Ni John Fru Ndi, mais Paul Biya fut proclamé président. Ses déclarations publiques de l’époque, « j’ai les mains liées », suggérant les limites de son pouvoir d’action, sont restées un élément important du récit entourant cette élection.
Au-delà des frontières nationales, il a contribué à l’action juridique internationale, notamment en siégeant au sein du Comité des Nations Unies contre la torture.
24 ans durant à la tête de la plus haute juridiction du Cameroun en matière civile, administrative et de jugement des comptes, Alexis Dipanda Mouelle a aussi connu des affaires politiques liées aux élections législatives ou aux élections présidentielles successives. Il était à la manœuvre en 1992 lors de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, résultats contestés par le chairman de regrettée mémoire Ni John Fru Ndi. Sa voix a aussi porté au peuple camerounais les victoires du président Paul Biya en 1997, en 2004 et en 2011 avant la mise en service du Conseil constitutionnel créé en 1996.
Après avoir quitté ses fonctions, il est resté sous les feux de la rampe, notamment par le biais d’une action en justice qu’il a intentée en 2015 contre l’État concernant son départ du pouvoir judiciaire, qu’il considérait comme une retraite anticipée.
Né à Bonakou Bwapaki près de Dibombari dans la région du Littoral, Alexis Dipanda Mouelle a suivi un parcours scolaire et académique au Cameroun jusqu’à l’obtention de sa licence en droit avant de s’envoler pour l’Europe. Il obtient un Diplôme d’Étude Approfondie d’étude judiciaire à l’Université de Paris. De retour au Cameroun, il intègre la magistrature en 1965, une intégration qui ouvre aussi une longue carrière dans l’administration judiciaire.
Il a été entre autres procureur général près la Cour d’appel du Littoral, secrétaire général du ministère de la Justice en 1980, il est procureur général près la Cour suprême en 1986. En 1990, il est nommé premier président de la Cour suprême en remplacement de Jean Remy Mbaya. C’était dans un contexte politique majeur marqué par le retour du multipartisme porté par le vent des libertés. Il occupe le poste jusqu’en décembre 2014 où il est remplacé par l’actuel président Daniel Mekobe Sone.
Son décès survient seulement trois mois après celui de son épouse, ajoutant une dimension personnelle à la perte ressentie par ses proches.
Regard Sur l’Afrique Par Tinno BANG MBANG






















































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