La crise sanitaire a engendré des conséquences significatives sur le plan économique et sociétal, créant des bouleversements, notamment au sein de la fonction Achats et exigeant une nécessaire adaptation des entreprises dans leurs pratiques achats. Dans une récente étude faite auprès des Directions Achats, 64% des acheteurs affirment que la crise a effectivement eu un impact sur leur activité.
De premiers réflexes et dispositifs de gestion ont été mis en place : digitalisation des processus, renforcement du dialogue avec les fournisseurs et suivi contractuel, mise en œuvre de plans de continuité d’activité. L’étude révèle également que 82% des entreprises pensent avoir été plus résilientes face à la crise du fait de l’existence d’une vraie démarche achats responsables en interne et 60% considèrent que l’après crise est une opportunité pour s’engager dans une telle démarche.
Mais cette crise interroge aussi sur la gestion des risques à venir et les pratiques achats qui devront être mises en œuvre. De quoi s’interroger sur les nécessaires orientations à donner à la fonction Achats demain. Alors qu’en est-il ?
Portrait de l’acheteur du futur :
L’Observatoire de la fonction Achats 2030 a mis en évidence cinq opportunités d’évolution de la fonction d’ici 2030. On y retrouve la digitalisation des achats comme enjeu majeur pour les Directions Achats (54% des répondants), en seconde position le développement des achats responsables ou encore une nouvelle culture du risque fournisseurs. Mais l’avenir de la fonction Achats ne se fera pas sans une évolution des compétences de l’acheteur. Quelles sont-elles ?
Globalement, l’acheteur sera attendu sur sa capacité à sourcer l’innovation et nouer des partenariats stratégiques (start-ups, centres de recherche), la capacité à déployer la stratégie achats responsables, la maîtrise des outils et nouvelles technologies (IA, big data,…), le pilotage de la stratégie en période de crise et l’analyse de la vulnérabilité des fournisseurs.
Les soft skills seront également valorisés, comme par exemple la curiosité et la capacité à collaborer avec d’autres équipes en interne. Si la plupart de ces compétences sont des acquis de longue date, seule la gestion des risques en temps de crise est véritablement une compétence à intégrer pour les acheteurs.
Les attentes côté management :
Si les attentes liées aux compétences des acheteurs opérationnels semblent plutôt équilibrées (hard skills et soft skills) et évidentes (renforcement des compétences), il ressort de l’étude que les attentes liées au management sont plutôt tournées vers les soft skills et l’écoute du collaborateur : flexibilité sur les nouvelles formes de travail, management par l’humilité et l’exemplarité. Au-delà de ces attentes, le manageur devra adopter une posture de coach vis-à-vis de ses équipes, en collaboration avec les RH et être plus tourné vers ses collaborateurs : recueil des besoins en termes de formation, traduire la vision de l’entreprise au niveau de son service.
Plus de RSE ? :
La crise a révélé des risques liés aux enjeux sociaux et environnementaux, ce qui a eu pour effet d’inciter les entreprises et les centrales d’achats à s’engager dans des pratiques d’approvisionnement plus durables. Les Directions Achats ont organisé des réunions transverses de définition de l’achat responsable et d’identification de solutions adaptées à leurs enjeux spécifiques.
La crise sanitaire a également obligé les directions à identifier les contrats à enjeux ainsi que les risques associés, et permis de mettre en lumière les « bons élèves » par leur capacité d’adaptation, leur niveau de résilience et leur faculté à proposer des solutions, des éléments différenciants qui pourront peser plus lourd dans les prochaines attributions de marchés privés et publics.
Regard Sur l’Afrique Par Marcelle BALLOW




















































Discussion à propos du post