Le Ministère soudanais de la Défense a annoncé lundi 24 août 2026 la destruction d’un « drone stratégique hostile » dans la région du Nil Bleu, au sud-est du pays. Le Ministère a précisé que le drone provenait du territoire éthiopien, sans plus de détails. Il s’agit du deuxième incident de ce type en deux jours. Dimanche, un autre drone a également été abattu au Nil Bleu venant d’Éthiopie.
Un nouveau front s’ouvre en Afrique : l’Éthiopie attaque le Soudan par drones
— Alors que le monde a les yeux rivés sur le Moyen-Orient, une nouvelle guerre éclate dans la Corne de l’Afrique, avec une frappe éthiopienne sur le Soudan.
Selon les vidéos diffusées par l’armée, les deux drones stratégiques auraient été lancés depuis la base d’entraînement de Gumuz, à Benishangul, la région éthiopienne la plus proche de la frontière soudanaise. Cette dernière est investie par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui s’opposent à l’armée régulière depuis avril 2023, et se livrent à une lutte pour le pouvoir dans une guerre dite « des généraux ».
Des images satellites avaient montré auparavant l’existence d’un camp d’entraînement à Gumuz, à quelque kilomètres seulement de la frontière. Ce camp sert également de base d’entraînement et de repli aux FSR et les Forces de Abdelaziz al-Hilu, l’homme puissant du Nil Bleu. D’autres images satellites ont dévoilé l’extension de l’aéroport d’Asosa, qui dessert la région de Benishangul.
La semaine dernière, Mohiédine Salem, le chef de la diplomatie soudanaise, a signalé que « l’Éthiopie et le Tchad accueillent des camps d’entraînement des FSR sur leur territoire ». Il a affirmé que « géographiquement parlant » l’attaque du Nil Bleu n’a pu avoir lieu, sans l’aide de l’Éthiopie.
Contexte :
Ce mardi, l’Éthiopie a mené une attaque contre le Soudan à l’aide de drones. Le ministère des Affaires étrangères soudanais a immédiatement réagi, qualifiant cette action de « violation de la souveraineté » et d’« acte d’agression » . Cette attaque ouvre un nouveau front en Afrique, alors que le monde est déjà confronté à la guerre au Moyen-Orient et au conflit en Ukraine.
Les raisons de cette attaque ne sont pas encore claires, mais les tensions entre les deux pays sont anciennes, notamment autour de la région frontalière d’Al-Fashaga, une zone agricole fertile disputée. L’Éthiopie accuse régulièrement le Soudan de soutenir des milices et d’empiéter sur son territoire.
Enjeux :
Nouvelle guerre régionale : La Corne de l’Afrique, déjà instable (Somalie, Tigré), s’embrase à son tour.
Déstabilisation du Soudan : Le Soudan, déjà en proie à une guerre civile, est désormais attaqué de l’extérieur.
Extension des conflits : Le monde semble entrer dans une ère de multiplication des guerres.
L’attaque éthiopienne par drones contre le Soudan marque-t-elle le début d’une nouvelle guerre en Afrique, profitant de l’attention mondiale focalisée sur le Moyen-Orient ?
L’armée soudanaise accuse, elle, les Émirats arabes unis d’avoir ouvert le front du Nil Bleu pour occuper l’armée face à ces avancées, surtout au Kordofan.
Les militaires affichent toujours leur supériorité aérienne face aux FSR, qui emploient des drones de fabrication chinoise achetés par Abou Dhabi, selon les informations relatives aux numéros de série de ces drones abattus.
Quant à l’armée, elle utilise actuellement des drones turcs, de dernière génération, plus rapides et plus performants, ainsi que des drones pakistanais. Tout récemment des drones Biélorusses, des Berkut-BM Kamikaze, ont été également été aperçus en possession de l’armée.
En mai dernier, suite à l’attaque de drones qui a touché Khartoum, le Soudan avait accusé Addis Abeba d’en être responsable. L’ambassadeur soudanais à Addis Abeba avait alors été rappelé.
Outre les régions du Nil Bleu et du Darfour, les trois États du Kordofan et quelques zones du Darfour sont le théâtre d’affrontements entre l’armée et les FSR depuis le 25 octobre.
Par Regard Sur l’Afrique





















































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