Le Darfour connaît sa plus forte sécheresse depuis 1984, tandis que le Programme alimentaire mondial redoute de devoir réduire son aide faute de ressources, dans un pays où 20 millions de personnes souffrent de faim aiguë.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a alerté sur les conséquences de la sécheresse au Darfour, qui risque de frapper les récoltes et l’élevage dans une région déjà touchée par la guerre et la faim.
« Le Darfour n’a pas été aussi sec depuis 1984 », a déclaré le directeur exécutif par intérim du PAM, Carl Skau, lors d’une conférence de presse publiée lundi, après une mission de huit jours au Soudan.
Alors que la région se trouve en pleine saison des pluies, les habitants rencontrés par le responsable du PAM redoutent de perdre leurs récoltes. « Nous dépendons de cette agriculture et de l’aide alimentaire du PAM. Si l’agriculture est frappée par la sécheresse et l’aide du PAM par les réductions de financement, comment allons-nous survivre ? », lui ont-ils expliqué.
Le PAM avertit parallèlement qu’il pourrait réduire ses opérations dans les prochaines semaines faute de financements suffisants.
Le Soudan compte 20 millions de personnes confrontées à une faim aiguë, dont cinq millions à un niveau d’urgence et 200 000 à un niveau catastrophique, selon l’agence onusienne. Quelque 14 millions de personnes ont par ailleurs été déplacées depuis le début du conflit.
Le PAM fournit actuellement une aide à quatre à cinq millions de personnes chaque mois, mais certaines ne reçoivent que des demi-rations.
La guerre oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le conflit, les déplacements, les perturbations commerciales, la sécheresse liée aux chocs climatiques et le recul des financements humanitaires aggravent conjointement la crise alimentaire.
Par RSA avec AA





















































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