La première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a qualifié d’absurde la suggestion d’un député du Royaume-Uni selon laquelle les anciennes colonies britanniques devraient rembourser à ce dernier les investissements historiques qu’il y a réalisés.
«Je n’arrive pas à croire qu’on nous demande de réagir à cette suggestion selon laquelle les descendants des esclaves devraient payer pour les mécanismes qui les ont opprimés, a écrit Mme Mottley sur X, jeudi soir. Les Caraïbes ne doivent rien au Royaume-Uni pour l’esclavage, pour l’exploitation coloniale ou pour les lois qui traitaient les Africains comme des biens mobiliers. Nous ne demandons pas la charité. Nous demandons justice, et l’histoire elle-même a déjà révélé la vérité.»
Elle s’est exprimée après que Suella Braverman — ancienne ministre britannique de l’Intérieur, désormais membre du parti anti-immigration Reform UK — a écrit dans un message publié sur X le 3 juillet que l’Empire britannique «avait fait tellement de bien dans le monde».
Mme Braverman réagissait ainsi à un autre parlementaire qui avait fait remarquer que la Jamaïque prévoyait de déposer une requête officielle en réparation dans le courant de l’année.
«Si le gouvernement envisage sérieusement cette question, alors les anciennes colonies devraient rembourser les Britanniques pour les investissements, les efforts et la contribution considérables de ce pays, qui ont jeté les bases de nombreuses démocraties florissantes aujourd’hui», a soutenu Mme Braverman.
Les commentaires de Mme Mottley font suite à la réunion des dirigeants des pays des Caraïbes membres du bloc commercial régional Caricom cette semaine à Sainte-Lucie. Ils se sont réunis pour discuter, entre autres, de la question des réparations liées à l’esclavage.
Mme Mottley a déclaré qu’elle ne doutait pas que certains parlementaires britanniques cherchaient à détourner l’attention du public de la politique intérieure du Royaume-Uni.
«Ceux qui souhaitent s’exprimer sur cette question devraient d’abord prendre le temps de se plonger suffisamment dans l’histoire pour la comprendre, a-t-elle écrit sur X. Les Caraïbes ne serviront de faire-valoir à la politique de personne.»
Le mois dernier, Mme Mottley a présidé une sous-commission de dirigeants caribéens qui a lancé un nouveau manifeste sur les réparations pour l’esclavage lors d’une conférence sur les réparations organisée au Ghana.
Sous la direction de Mme Mottley, la Barbade a rompu ses liens avec la reine Élisabeth II en novembre 2021 et a cessé d’être une monarchie constitutionnelle. La première ministre, également connue dans le monde entier pour son combat contre le changement climatique, a remporté un troisième mandat consécutif en février.
Ces dernières années, le Royaume-Uni a insisté sur le fait qu’il ne paierait pas pour réparer ses torts, tandis que les dirigeants des Caraïbes ont réclamé des excuses officielles et diverses mesures, notamment l’annulation de la dette.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a indiqué que le nombre d’Africains arrachés à leur terre à des fins d’esclavage était estimé de 25 à 30 millions. Beaucoup ont été envoyés travailler dans des plantations des Caraïbes et des Amériques.
Par RSA avec lactualite





















































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