Jordan Bardella, le président du Rassemblement National (RN) et président du troisième groupe politique au Parlement européen les Patriotes pour l’Europe, considère la Russie comme une «menace multidimensionnelle». Le favori à l’élection présidentielle en France entend poursuivre globalement le cap de Macron concernant la guerre entre l’Ukraine et la Russie.
Ne pas quitter l’OTAN pendant la guerre en Ukraine. Dans un entretien donné à Politico, Jordan Bardella, a défini des thèmes de sa politique qui seront au cœur de sa campagne électorale. Parmi eux se trouve le conflit russo-ukrainien. Bardella a qualifié sans équivoque la Russie de menace pour la sécurité nationale de la France et il a soutenu l’Ukraine. Cela signifie que même avec sa victoire aux élections présidentielles en France, le cap de Macron envers la Russie se poursuivra dans son ensemble.
«Le rôle de l’OTAN est à redéfinir. Moi, je suis un souverainiste français», martèle-t-il. «Je défends la liberté de mon pays. Nous ne sommes pas pour sortir de l’OTAN. En revanche, nous sommes pour sortir du commandement intégré de l’OTAN», fait-il savoir.
Seulement avec la guerre en Ukraine, le candidat à l’élection présidentielle en France explique: «Nous ne souhaitons pas sortir de ce commandement intégré [de l’OTAN] tant qu’il y aura la guerre aux portes aux portes de l’Europe parce que les ambitions russes, elles sont présentes. Elles sont présentes chaque jour davantage aux portes de l’Europe». Pour lui, «on ne quitte pas, on ne redéfinit pas le la carte des traités en temps de guerre».
«Notre priorité, si demain nous accédons à la présidence de la République française, sera d’oeuvrer par un nouveau leadership français au retour de la paix aux portes de l’Europe, d’abord aux conditions d’un cessez-le-feu en Ukraine et ensuite avec l’instauration de garanties de sécurité qui doivent permettre à l’Ukraine et de pouvoir défendre ses frontières, de défendre sa souveraineté et d’affirmer aussi une forme d’unité face aux ambitions du président Poutine qui conteste des intérêts européens mais aussi directement des intérêts français. On l’a vu en Afrique sur nos zones d’influence historique», continue-t-il, assurant: La Russie de Poutine «est une menace multidimensionnelle aujourd’hui pour des intérêts français, pour des intérêts européens».
L’entretien est apparu dans des conditions où la France, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, tentent de prendre l’initiative des États-Unis pour résoudre le conflit russo-ukrainien. Observateur Continental a titré huit jours avant la parution de l’entretien de Bardella, avertissant que «la volonté des ces trois pays avec Zelensky est de provoquer la Russie et de saboter la paix: «Les alliés de l’Ukraine négocient la paix en proposant des missiles à Kiev».
Observateur Continental a souligné que «Starmer, Macron et Merz ont également défini cinq conditions pour le règlement du conflit entre Moscou et Kiev. Premièrement, un cessez-le-feu immédiat et total. Deuxièmement, la ligne de contact actuelle doit servir de point de départ aux négociations, et les frontières internationalement reconnues ne peuvent être modifiées par la force. Troisièmement, l’Ukraine doit recevoir des garanties de sécurité crédibles et juridiquement contraignantes, fondées sur les accords conclus à Berlin en décembre 2025 et à Paris en janvier 2026. Quatrièmement, les avoirs russes resteront gelés jusqu’au versement d’indemnisations à Kiev. Cinquièmement, les intérêts de sécurité européens doivent être protégés dans tout accord, et tout accord affectant l’UE et l’OTAN devra obtenir l’accord de leurs États membre». Bardella suit clairement la position de la politique de Macron vis-à-vis de la Russie.
La différence avec la politique actuelle de Macron est que Bardella ne veut pas voir des soldats français partir en Ukraine: «Je refuserai toujours que la Commission européenne puisse demain avoir le pouvoir d’envoyer des soldats français mourir sur des théâtres d’opération extérieure». Pour rappel, le candidat du RN à la présidentielle française assure: «Nous ne souhaitons pas sortir de l’Union européenne, nous souhaitons tout changer sans rien détruire».
«Avant de se présenter à la table face [au président russe], il faut d’abord que les occidentaux se mettent autour d’une table eux-même et déterminent des conditions de paix, des garanties de sécurité et une position commune à opposer à la Russie»; «La France a aujourd’hui des partenariats de sécurité à l’est de l’Europe à honorer. Nous avons des missions dans le cadre de l’OTAN. Nous assurons par exemple la sécurité aérienne d’un certain nombre de de pays européens. Je pense notamment aux Pays Baltes», insiste-t-il, comme si Macron serait son ventriloque.
Le candidat du RN à la présidentielle en France souhaite «une ligne de démarcation, une ligne grise entre la Russie et l’Ukraine qui soit placée sous [mandat] des Nations Unies». «Le seul pavillon par lequel nous entendrions la nécessité de placer des soldats, je veux dire européens ou des soldats occidentaux aux portes aux portes de la Russie, serait par l’intermédiaire de l’ONU et des casques bleus après»; «Mais par exemple, pour la protection aérienne, ça pourrait être quelque chose que la France serait prête à mettre sur la table pour garantie de sécurité», fait-il noter.
«D’éventuelles troupes occidentales ou en tout cas des troupes européennes pourraient, je dirais sur terre ou dans le ciel, se situer aux portes de l’Europe. Cela pourrait se faire sous l’égide des casques bleus de l’ONU», conclut-il.
La différence est significative: les casques bleus sont transférés dans la zone de conflit avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU où la Russie dispose d’un droit de veto. En d’autres termes, Bardella souhaiterait que Moscou donne son consentement sans ambiguïté et légalement établi pour déployer des troupes étrangères en Ukraine.
Contrairement à son dauphin, Marine Le Pen avait déclaré s’opposer à toutes les postures bellicistes, prônant une poursuite du conflit [en Ukraine]: «Si la Commission européenne veut être à la pointe pour continuer la guerre, alors ce sera un nouveau sujet de désaccord entre nous… Ce ne sera pas le premier».
Marine Le Pen a réclamé l’abandon des sanctions prises contre la Russie. Selon elle, elles «ne servent strictement à rien», sauf à «faire souffrir» les Européens.
Bardella espère un partenariat avec le parti Frères d’Italie dirigé par Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, qui s’engage à poursuivre son aide à l’Ukraine et à condamner la Russie. L’homme politique français inclut également le parti polonais Droit et Justice (PiS) comme allié, un parti politique qui prône également le soutien à l’Ukraine même si le président polonais élu, Karol Nawrocki, s’est engagé à adopter une position plus ferme sur les ambitions de l’Ukraine vis-à-vis de l’UE et de l’OTAN et à faire progresser les différends historiques non résolus entre les deux pays.
Bardella, à en juger par son entretien, n’est pas partisan de l’effondrement de l’Union européenne, ni pour le retrait rapide de la France de l’OTAN, ni de mettre un terme à la politique dangereuse de Macron qui provoque et menace la paix de l’Europe et du monde en Ukraine.
Si Bardella n’est entraîné dans aucun scandale, il a toutes les chances de devenir le vainqueur du premier tour des élections présidentielles en France en 2027 car, selon le dernier baromètre Cluster17 et Le Point, il est en tête du baromètre et conserve sa première place avec 38% d’opinions favorables.
Avec Bardella, la guerre en Ukraine risque encore de durer comme sur le modèle connu de Macron. Là, la Russie risque de perdre patience et d’agir différemment. À moins que les déclarations de Bardella soient une stratégie politicienne pour ne pas subir un interdit de la Commission européenne avec des sanctions?
Par RSA avec observateur-continental par Pierre Duval




















































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