Après des attaques ciblant son territoire depuis l’Irak, l’Arabie Saoudite a participé cette nuit, aux côtés des États-Unis, à des frappes contre des milices pro-iraniennes en Irak. Au-delà de leur sécuritaire saoudienne : les attaques contre sa Sécurité Nationale ne resteront plus sans réponse.
Cette évolution soulève une question essentielle. Si l’Iran, dans le cadre de sa stratégie de riposte aux attaques américaines, venait à frapper de nouveau le territoire saoudien, Riyad accepterait-il encore de limiter sa riposte à des acteurs intermédiaires, ou considérerait-il que le seuil justifiant une réponse directe contre Téhéran a été franchi ?
Plusieurs éléments rendent aujourd’hui ce scénario plus crédible qu’il ne l’était il y a quelques mois.
Le premier est stratégique. L’Arabie saoudite ne peut durablement construire son ambition de devenir une puissance militaire et économique (hors hydrocarbures) tout en laissant planer un doute sur sa capacité à protéger son territoire, ses infrastructures critiques et ses routes énergétiques.
Le deuxième est militaire. Les frappes menées contre les partenaires régionaux de l’Iran (Houthis, milices irakiennes pro-Iran) traduisent une volonté d’élever progressivement le niveau de la dissuasion et de démontrer que Riyad est prêt à répondre plus fermement aux menaces qui pèsent sur sa sécurité.
Le troisième est politique. Contrairement à la précédente séquence régionale, Israël n’est pas directement impliqué dans les opérations actuelles. Cette différence est loin d’être anodine. Si l’Iran devait attaquer directement l’Arabie saoudite, une éventuelle riposte saoudienne pourrait être présentée avant tout comme l’exercice du droit à la Légitime Défense, et non comme un alignement stratégique sur Israël. Le coût politique d’une telle décision serait probablement moins élevé, aussi bien sur le plan régional qu’auprès d’une partie de l’opinion publique arabe et musulmane.
Depuis plusieurs décennies, la stabilité relative du Golfe reposait en grande partie sur une logique de dissuasion indirecte et de guerres par procuration. Si Riyad devait désormais considérer qu’une attaque iranienne appelle une riposte directe contre le territoire iranien, c’est l’ensemble des équilibres stratégiques régionaux qui pourrait être redéfini.
Les événements de ces derniers jours montrent que les lignes rouges évoluent rapidement. Pour les décideurs politiques, économiques et les entreprises exposées à la région, il s’agit d’un signal stratégique qui mérite d’être suivi avec la plus grande attention.
Regard Sur l’Afrique Par Dr. Bassem LAREDJ
Président – Amane Risk Consulting. Analyste stratégique Afrique – Moyen-Orient (MENA)




















































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