Un tribunal nigérian a ordonné lundi à l’organe électoral de radier l’un des principaux partis politiques d’opposition ainsi que quatre autres formations pour non-respect des exigences constitutionnelles. Cette décision pourrait redessiner le paysage politique en amont des élections de janvier prochain.
Le juge de la Haute Cour fédérale, Peter Lifu, a enjoint à la Commission électorale nationale indépendante (INEC) de rayer l’African Democratic Congress (ADC) et les autres partis de son registre. Le magistrat a ainsi validé les recours d’anciens parlementaires affirmant que ces formations n’avaient pas atteint les seuils de performance électorale minimaux.
La législation nigériane impose en effet aux partis de remporter au moins un siège électif, quel que soit le niveau de scrutin, ou d’obtenir au moins 25 % des voix dans un État lors d’une élection présidentielle, sous peine de radiation.
Ce verdict constitue un obstacle majeur pour l’ancien vice-président Atiku Abubakar, candidat de l’ADC à la présidence et principal rival du président Bola Tinubu, et pourrait entraîner un resserrement de l’offre politique de l’opposition.
Le porte-parole de l’ADC, Bolaji Abdullahi, a rejeté cette décision, la qualifiant d’« invitation directe à l’anarchie ». Il a précisé que le parti ferait appel du jugement par toutes les voies légales et constitutionnelles disponibles.
Le deuxième de la présidentielle 2023 concerné
Parmi les candidats notables visés par ce jugement figure Atiku Abubakar, récemment désigné candidat à la présidentielle par le Congrès démocratique africain (ADC). Ce lundi, le parti a nommé l’ancien ministre des Transports, Rotimi Amaechi, pour être son colistier.
À la présidentielle de 2023, Atiku Abubakar était le candidat du parti PDP et était arrivé en deuxième position du scrutin avec 29% des voix derrière l’actuel chef de l’État, Bola Tinubu, vainqueur avec 36,6% des suffrages.
« Jouer avec le feu »
Ce verdict menace aussi Ademola Adeleke, le gouverneur de l’État d’Osun (sud-ouest du Nigeria), qui briguera en août un second mandat sous la bannière du parti Accord.
Les cinq partis d’opposition concernés et la Commission électorale indépendante ont rejeté ce jugement. L’ADC et Accord accusent le Congrès des Progressistes (APC) au pouvoir de « jouer avec le feu » et de « vouloir faire du Nigeria un pays à parti unique ».
Le pays le plus peuplé d’Afrique se rendra aux urnes le 16 janvier 2027. Bola Tinubu briguera un second mandat.
RFI avec RFI





















































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