C’est une absence qui fait grand bruit au Cameroun : celle de Paul Biya. Le chef de l’État a quitté le pays depuis près de deux mois. Une absence prolongée du président qui suscite de nombreuses interrogations. Ce dimanche 2 août et pour la première fois le gouvernement s’exprime.
En exclusivité au micro de RFI, René Emmanuel Sadi, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, annonce, sans autre précision, le retour imminent de Paul Biya dans son pays. « Le président est en vie… Il n’y a aucune vacance du pouvoir ! », déclare le ministre qui en profite pour répondre aux spéculations de l’opposition, au micro de Polycarpe Essomba.
Alors, les figures de l’opposition qui réclament à cor et à cri une constatation de la vacance du pouvoir à la tête de l’État devraient, me semble-t-il, avoir une lecture de la Loi fondamentale qui soit plus rigoureuse et plus objective. Une lecture qui colle à la lettre et non pas qui procède d’une interprétation manifestement biaisée. Autrement dit, le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé pour déclarer une vacance du pouvoir à la tête de l’État. Le président Paul Biya est en vie. Le président Paul Biya n’a pas démissionné. Je ne peux pas vous dire avec exactitude quand est-ce que le président Paul Biya revient. Et même si je le savais, il ne m’appartient pas de l’annoncer ici. Je peux au moins me permettre de vous dire qu’il revient très bientôt.
René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication du Cameroun: «Le président est en vie… Il n’y a aucune vacance du pouvoir !»
Démenti formel valant clarification contre les allégations erronées de Jeune Afrique et France 24.
Par Jean De Dieu Momo
Petit rappel historique: J’avais publié cette clarification le 16 Octobre 2024 sur le même sujet. Je lis partout que si le President Paul Biya se trouve hors du pays après 45 jours d’absence alors la vacance du pouvoir sera ouverte. Je m’inscris en faux contre cette affirmation absurde qui n’est pas contenue dans notre constitution.
La Constitution camerounaise, telle qu’elle est en vigueur, ne contient pas de disposition spécifique mentionnant un délai de 45 jours d’absence du président à l’intérieur du pays pour déclarer une vacance du pouvoir. Cependant, la vacance du pouvoir est abordée dans l’article 6, alinéa 4 de la Constitution de 1996 ( modifiée en 2008).
Cet article dispose que si le président de la République est « empêché de manière définitive » d’exercer ses fonctions (par décès, démission ou incapacité permanente constatée par le Conseil constitutionnel), la vacance est alors déclarée, et le président du Sénat assure l’intérim. Si ce dernier est également empêché, c’est son suppléant dans l’ordre protocolaire qui exerce les fonctions présidentielles. Cet article a été allégé par la révision constitionnelle de 2008 et en aucune façon la prétendue disposition qui prévoirait un délai de 45 jours n’existe ni dans la constitution de 1996 ni dans celle en vigueur de 2008.
En définitive, aucune référence spécifique à une absence de 45 jours n’est faite dans le texte constitutionnel camerounais.
Momo Jean de Dieu phD. Président National du Paddec
Par RSA




















































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