Le président du Parlement sénégalais, Ousmane Sonko, a été réélu samedi à la tête du principal parti, le PASTEF-Les Patriotes, lors du premier congrès national du parti depuis sa création en 2014. Cette réélection intervient dans un contexte de crise politique suite à sa destitution du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye.
Seule candidature acceptée par le PASTEF, la réélection de M. Sonko consolide sa position de figure politique dominante, dans un contexte de rupture avec le gouvernement dont il était membre jusqu’à récemment.
Du 7 au 12 juillet 2026, la capitale politique camerounaise accueillera la 51e session annuelle de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Au-delà du protocole, ce sommet panafricain sera le théâtre du tout premier baptême du feu diplomatique d’Ousmane Sonko, fraîchement élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal.
Décryptage d’un pivot politique hautement stratégique.
Les projecteurs de la diplomatie francophone s’apprêtent à se braquer sur l’hémicycle de Yaoundé. Si la grand-messe annuelle de l’APF réunit traditionnellement le gotha législatif de l’espace francophone, l’édition 2026 revêt une saveur politique particulièrement inédite. Moins de deux mois après son départ surprise de la Primature sénégalaise et son élection triomphale au perchoir de Dakar le 26 mai dernier, Ousmane Sonko a choisi le Cameroun pour opérer sa première sortie officielle hors de ses frontières.
Pour le leader du PASTEF, le choix de ce rendez-vous n’est pas anodin. Souvent dépeint par ses détracteurs comme un souverainiste de rupture, farouche critique des ingérences extérieures, Ousmane Sonko s’installe paradoxalement dans le fauteuil d’une des institutions les plus traditionnelles de l’axe francophone.
Ce déplacement à Yaoundé s’apparente à une véritable opération de normalisation internationale. En endossant le costume de deuxième personnalité de l’État sénégalais au sein de l’APF, l’homme fort de Dakar démontre qu’il sait lier la Realpolitik à l’idéologie. Il ne s’agit plus de contester le système depuis les tribunes de l’opposition, mais de le réformer et de l’influencer de l’intérieur, en s’asseyant d’égal à égal avec ses pairs africains et occidentaux.
L’analyse de sa trajectoire récente éclaire la portée de ce voyage. En quittant la gestion quotidienne et usante des affaires courantes à la Primature pour s’emparer de la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a opéré un repositionnement tactique majeur. Libéré des contingences techniques du gouvernement, le perchoir lui offre désormais la patine institutionnelle et la hauteur nécessaires pour déployer sa stature internationale. À Yaoundé, il ne parlera pas en chef de gouvernement comptable d’un bilan économique, mais en chef d’institution porteur d’une vision globale pour l’Afrique de l’Ouest.
Sur le terrain, la capitale camerounaise met les petits plats dans les grands pour orchestrer ce rendez-vous d’envergure. Sous la houlette d’Hilarion Etong, premier vice-président de l’Assemblée nationale camerounaise et figure de proue du comité d’organisation local, le dispositif logistique est déjà verrouillé.
Signe du destin ou coïncidence de calendrier : cette 51e session est jumelée avec le 11e Parlement francophone des jeunes (PFJ). Pour Ousmane Sonko, dont le principal ancrage électoral reste la jeunesse africaine, cette concomitance offre une résonance politique idéale. Devant des délégations de jeunes leaders venus de plusieurs continents, le président de l’Assemblée sénégalaise évoluera en terrain conquis, incarnant aux yeux de cette génération le renouveau des équilibres politiques africains.
Entre la refonte du leadership ouest-africain et les défis d’avenir portés par l’agenda de l’APF, la session de Yaoundé s’impose d’ores et déjà comme un jalon historique. Pour Ousmane Sonko, les premiers pas sur le sol camerounais marqueront l’acte I de sa stature d’homme d’État international.
Par RSA



















































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